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Alessandro Scarlatti : Stabat Mater & motets de déploration

Le Parlement de Musique

Avec Ivana Lazar, soprano & Anaïs Yvos, alto
Aliza Vicente & Florence Stroesser, violons
Kevin Bourdat, violoncelle
Yasunori Imamura, théorbe
Martin Gester, orgue & direction

Programme :
Alessandro Scarlatti : Lamentation du Jeudi Saint pour soprano, deux violons & basse continue – De Lamentatione / Cogitavit Dominus
Archangelo Corelli : Sonata da chiesa en si mineur
Motet : Infirmata, vulnerata pour alto, violons & basse continue
Stabat Mater pour soprano, alto, 2 violons & basse continue

« La partie la plus intéressante de ce programme de concert est la musique d’Alessandro Scarlatti pour la Semaine sainte. Scarlatti (1660-1725) est né à Palerme, mais c’est à Rome et à Naples qu’il a passé la plus grande partie de sa carrière de compositeur. Il a également séjourné de brèves périodes à Venise et à Florence. Scarlatti a composé ses six Lamentazioni per la Settimana Santa aux environs de l’année 1706 ; on ne sait pas qui les lui avait commandées. Le Stabat mater date de l’année 1724 et a été écrit pour les Cavalieri della Vergine dei Dolori (Chevaliers de la Vierge des Douleurs), une confrérie napolitaine qui, chaque année pendant le Carême, célébrait Notre-Dame des Douleurs. Pendant douze ans, la confrérie a exécuté le Stabat mater de Scarlatti au cours de l’office du Samedi saint, avant de passer à celui de Pergolèse en 1736. Infirmata vulnerata est un motet relativement court que Scarlatti a composé en 1702 pour le Temps de la Passion. Arcangelo Corelli (1653-1713) est l’un des grands promoteurs de la musique baroque instrumentale en Italie et de son expansion dans toute l’Europe de l’Ouest. Entre 1684 et 1694, Corelli a publié quatre livres de musique de chambre. Deux d’entre eux, les Opus 1 et 3, sont des sonates d’église (sonate da chiesa). C’est surtout leur style qui les distingue des sonates profanes (Sonate da camera, sonates de chambre) » . Steven Marien

Lamentazioni per la Settimana Santa
Depuis des siècles, le livre des Lamentations, attribué au prophète Jérémie, occupe une place centrale dans les offices du soir du Triduum Sacrum, les trois jours qui précèdent Pâques. Le prophète Jérémie a écrit ces lamentations en 586 avant Jésus- Christ, après la destruction du Temple de Jérusalem : il compare la ville à une veuve qui pleure amèrement devant le châtiment venu de Dieu. Dans le rite catholique, les textes de Jérémie, pendant le Triduum Sacrum, sont as- sociés à l’histoire des souffrances du Christ, racontées en trois répons (responsories). Depuis la fin du XVe siècle, nombreux sont les compositeurs qui se sont inspirés des lamentations du prophète Jérémie. Les textes des Lamentations sont des acrostiches : les initiales de chaque verset – aleph, beth, gimel, daleth, etc. – composent ici l’alphabet hébreu. Ces textes ont été traduits en latin, mais les lettres hébraïques ont été maintenues au début de chaque verset et sont chantées en latin également, comme des lettres à part du texte. La phrase « Jerusalem, convertere ad Dominum, Deum tuum » (Jérusalem, reviens au Seigneur, ton Dieu) ne se trouvait pas dans le texte original, mais a été ajouté par l’Église catholique.

En 1706, Alessandro Scarlatti a composé six Lamentations, deux pour chaque jour du Triduum Sacrum. Elles ont toutes été écrites pour une même formation : une partie chan- tée, des instruments à cordes et un continuo. À l’instar de la musique baroque religieuse d’Italie en général, ces Lamentations tentent de concilier deux systèmes sonores : Scarlatti, d’une part, reste fidèle à la tradition polyphonique de l’Église issue de la période de la Renaissance et il a largement recours à l’imitation et même aux canons mathématiques ; d’autre part, il rencontre la mode de l’opéra vénitien et napolitain, et ses Lamentations baignent dans une abondance de rhétorique. Dans chacun de ces morceaux, vers après vers, le compositeur continue de sur- prendre par cette perfection de style, avec un langage musical fort varié et très prenant, qui convient parfaitement à la longue plainte de Jérémie.

Stabat Mater
Le Stabat mater est une séquence qui existait déjà au XIVe siècle dans les milieux franciscains du Nord de l’Italie et du Sud de la France. La vénération à Marie et la pénitence sont typiques de cet ordre mendiant. Au début, le texte était destiné à un usage privé et pour les processions. Au début du XVe siècle, on le retrouve à plusieurs reprises intégré à la messe et aux offices des laudes et des vêpres. Mais lorsque le Concile de Trente (1545- 1563) retira pratiquement toutes les séquences de la liste liturgique, le Stabat mater disparut lui aussi de la liturgie. Il n’empêche que ce texte a inspiré de très nombreux composi- teurs. En 1727, le pape Benoît XIII l’a réintroduit dans la liturgie de la messe et de l’office du jour de la Fête de Notre-Dame des Sept Douleurs, qui désormais sera célébrée aussi bien le 15 septembre que le vendredi qui pré- cède le Vendredi saint.

Le texte se compose de dix fois deux demi-strophes. Sur le plan sémantique, il se divise en deux parties. Les quatre premières strophes dépeignent les douleurs de la Sainte Vierge devant la Croix où son Fils est cloué. Dans la deuxième partie, le récitant se tourne vers Marie et il supplie de pouvoir, lui aussi, porter la souffrance du Christ.

Le Stabat mater d’Alessandro Scarlatti date de 1724, trois ans avant que le pape ne lui reconnaisse sa place définitive le 15 septembre. Étant donné son contenu, le Stabat mater connaît une grande popularité pendant la Semaine sainte. Cette œuvre a été écrite pour une formation fort comparable à celle des Lamentations : deux solistes (soprano et alto, qui, à l’époque étaient chantés par des cas- trats), des instruments à cordes et un continuo. Avec cette œuvre également, Scarlatti réussit extrêmement bien à concilier le langage religieux, plus axé sur le contrepoint, et le style de l’opéra, expressif, quoique dépouillé de virtuosité.

Infos

Repertoire

Baroque

Genre

Vocal et instrumental

Nombre d'artiste sur scène

7

Décors

Non

Extraits

Dates de concerts

Programme créé en juin 2022 à Strasbourg - disponible immédiatement