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Ceci est un adieu au langage

Le Furor Poetico

La compagnie:

Le Furor Poetico est une compagnie transdisciplinaire, dont l’identité artistique est confiée à Lili Gomond en 2018. Son identité artistique se dessine après une longue reconstruction physique, qui bouleversera mon rapport intime à la scène et à la narration. Après une création opératique en 2019, sur « La Machine Infernale de Jean Cocteau », j’imagine et interprète entièrement aujourd’hui « Ceci est un adieu au langage », seul-en-scène pour un corps « tableau-sonore », un saxhorn, de la matière, des objets et des enceintes. Furor Poetico a la volonté d’explorer les limites d’un corps avec un instrument de musique et souhaite explorer ses possibilités théâtrales, chorégraphiques et plastiques afin de développer son univers. Qu’est-ce que mon corps a le désir de raconter et comment ce désir trouve-t-il une continuité dans le son que je produis ? Tous les médiums artistiques sont conçus dans un même temps : éprouver un médium par les codes d’un autre. Je vois l’artiste sonore comme un corps avec un agrès contenant une parole. Je souhaite défendre une musique-théâtrale qui prend vie pour une nécessité physique, dramaturgique et sociale sur une scène.
Le nom de la compagnie est en lien avec la colère créatrice. Cette colère a toujours été mon moteur de créativité, d’énergie et de passion. Je vois la colère non comme une énergie néfaste, mais comme une force pour faire bouger notre monde. La colère éprouvée chez des êtres féminins est largement considérée comme néfaste. Laisser vivre cette colère dans la créativité est à mes yeux un élément majeur pour bousculer les imaginaires dominateurs et figés dans lesquels nous sommes baignés. J’ai foi en l’écriture de spectacles totaux qui font émerger de nouveaux imaginaires à explorer pour les femmes et les hommes. Je crois en la vertu de s’émanciper par l’imaginaire, afin de concrétiser de nouvelles réalités pour nos sociétés. Je conçois nos actions sur scène et en société comme un même geste à construire et développer. Enfin, je suis intimement convaincue que la musique et son incarnation physique est un outil libérateur pour cette recherche d’écriture et de partage. Mon premier spectacle “La Machine Infernale” est inspiré du mythe d’Oedipe. Me questionner sur la place des femmes dans notre monde me conduit à m’éloigner des mythes qui les enferment. Ma recherche est de leur créer de nouveaux imaginaires en dehors des mots.
« Ceci est un adieu au langage » sera créé à l’Automne 2023 au Collectif 12 de Mantes-la-Jolie. Ce projet est soutenu par le CENTQUATRE-PARIS. Le projet est lauréat de la Bourse Forte Talents Émergents d’Ile de France. Il est également accueilli en résidence au Théâtre à Durée Indéterminée en septembre 2022. La compagnie est artiste-résidente à la Fondation Singer-Polignac depuis septembre 2021.

Le projet:

« Ceci est un adieu au langage » est une performance solo pour un corps « tableau-sonore », un saxhorn, de la matière, des objets et des enceintes. Le son, la matière et le mouvement sont intrinsèquement liés dans leur dramaturgie et existence sur un plateau. Une question ouverte se pose : « D’où venons-nous en tant qu’humanité ? Quelle est notre Origine ? ».
Répondre à cette question c’est laisser notre monde et notre vie en société se figer dans des images immuables. Comment en sommes-nous arriver à perpétuer ces systèmes dominateurs ? Le langage et nos mythes parce qu’ils figent et définissent notre Origine, nous font revivre ces mêmes images dans un rapport de sélection linéaire à notre Histoire. De cette sélection, nous portons en nous des comportements, des paroles, un lien à l’espace et aux objets qui ne nous appartiennent pas réellement. Comment sortir de ce monde aux images figées ? Le son par essence, ne pose pas définition et pourrait être un moyen émancipateur pour créer des images en mouvement. Ne jamais définir : ouvrir les zones d’ombres. Un monde sensoriel va se déployer durant 1h au plateau, prenant pour premier défi de raconter cela sans mots (ou peu).
Au plateau, nous vivrons l’hypothèse subjective suivante : « Comment avons-nous construit et perpétuer ces systèmes de domination ? ». Un jeu de l’Oie géant comme une grande traversée de situations, se dévoilera progressivement, à l’échelle du temps : de notre Origine au Nous d’aujourd’hui. Nous ferons l’expérience du langage qui s’est imposé en outil de domination pour maîtriser et contenir nos peurs. Cette peur face à notre Origine, se matérialise au plateau chez une femme avec un pavillon entre les jambes, faisant couler de la pâte à pain liquide en même temps que du son. S’approprier à tout prix cette pâte et la manipuler, la durcir, l’orchestrer. De cette appropriation de la matière, des sons, et des corps, les situations du Jeu de l’Oie tenteront de saisir ce qu’est la domination par notre rapport aux objets : une peur qui pour s’apaiser se transforme en violence: celle de rendre l’Autre objet. Pour mieux saisir ce rapport, nous chercherons ce qu’implique de donner une humanité aux objets (des histoires, un signifiant) et d’objectifier les humains (rendre au service de). De la pâte sous différentes formes nous fera vivre ces états de transformation. Le corps, le son et les objets prennent vie dans son prolongement. La traversée allée sera une construction subjective de notre monde. La traversée retour jusqu’au point d’Origine sera la mise en mouvement, la déconstruction puis l’émancipation des images construites lors de la première traversée. Le parcours aller sera ponctué de traces de peintures colorées, marquées au sol avec des sabots-tampons. Elles seront les mythes et ce qui nous a figé. Ces traces seront reportées en très grand par des formes lumineuses au centre du jeu de l’Oie, afin de créer une Architecture : une place publique avec sa fontaine et ses canalisations, un foyer, un lieu de culte, un lieu politique, un musée et une école. Dans ces formes lumineuses colorées, le son sera spatialisé de façon distincte dans ces différents espaces. Cette Architecture sera un espace où le son et la lumière auront une dramaturgie qui va se multiplier de manière autonome, pendant que je continue le parcours du jeu de l’Oie. Le son sera spatialisé et traité en direct afin de créer une musicalité physique à travers le saxhorn, la matière et les objets.

Infos

Repertoire

Création contemporaine

Repertoire secondaire

Jazz et Musiques improvisées

Genre

Instrumental, Avec électronique, Pluridisciplinaire

Nombre d'artiste sur scène

1

Caractéristiques

Mise en scène, en espace, Théâtre

Pluridisciplines

Danse, Théâtre, Arts plastiques et visuels

Décors

Oui

Extraits

Extrait video
Extrait audio

Dates de concerts

Automne 2023 - 3 dates au Collectif 12

Commentaires

Résidences à l'automne au Théâtre à Durée Indéterminée et au 104 Paris ainsi qu'au Collectif 12.