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Xenakis : Pléiades – Persephassa

Les Percussions de Strasbourg

Xenakis : Pléiades - Persephassa

Iannis XENAKIS – Pléiades (1979) 45?
entracte
Iannis XENAKIS – Persephassa (1969) 35?

Iannis XENAKIS – Pléiades (1979) 45?
Commande : Ville de Strasbourg
Dédicataires : Les Percussions de Strasbourg
Re-création : 24.06.2011 avec la Cie l’Abrupt – Alban Richard, Festival Montpellier Danse, Opéra du Rhin

Pléiades, est l’une des plus belles pièces écrites par Iannis Xenakis. La richesse des timbres, la liberté et la cohérence de la composition font de cette oeuvre une aventure rythmique unique.
Les Pléiades évoquent d’ordinaire l’amas d’étoiles étincelantes dans l’épaule droite de la constellation du Taureau. Dans l’hémisphère nord, les Pléiades ne sont visibles qu’en hiver. Un télescope permet d’observer des douzaines d’étoiles dont six seulement sont repérables à l’oeil nu ainsi qu’un léger brouillard laiteux dans la même zone. Selon la mythologie grecque, cet amas d’étoiles représente les sept soeurs ou Pléiades, servantes d’Artemis, Déesse de la Lune. L’une des soeurs, Électre, aurait disparu sous forme de comète, rongée de chagrin après le siège et la destruction de la ville de Troie construite par son fils Dardanus, victime du célèbre stratagème du cheval de Troie. La blancheur et le brouillard dans lesquels les Pléiades apparaissent seraient le résultat des pleurs versés par les six soeurs abandonnées par Electre. Ainsi, le titre Pléiades fait référence aux six membres des Percussions de Strasbourg. Mais pour Xenakis, la référence à la multiplicité de l’existence semble plus importante.
L’essence même de cette pièce repose sur le fait qu’elle n’est pas délimitable à une simple définition. Les instruments utilisés vont des claviers (vibraphone et marimba), aux divers instruments à percussion en passant par le «sixxen» – un instrument à percussion spécialement créé pour cette composition.
La pièce est divisée en quatre parties dont les titres font référence aux matériaux de fabrication des instruments et aux sons que ces derniers produisent : «Mélanges» exécuté simultanément par diverses percussions puis «Métaux», «Claviers» et «Peaux». A l’écoute du sixxen, dans «Métaux», on pense immédiatement au gamelan d’Indonésie, en particulier à ceux de Bali, aux instruments utilisés dans la musique de fête au Japon, aux carillons des églises du bassin méditerranéen et aux cloches à vache des Alpes. La richesse de timbre du sixxen est en quelque sorte l’expression des différents types de vie menés par l’homme dont les métaux font partie intégrante.
Tout en donnant une absolue liberté au concept d’une multiplicité de l’existence, Xenakis a su imposer une règle de diversité et d’unité dans la structure temporelle de sa recherche vers la création d’une seule et unique composition.

Iannis XENAKIS – Persephassa (1969) 35?
Commande : Ministère de la Culture (Direction de la musique) et Festival de Persépolis
Dédicataires : Les Percussions de Strasbourg
Création : le 9 septembre 1969 au festival Persépolis (Iran)

Se trouver au coeur du son est un rêve pour l’homme, redéfinir son espace, sa diffusion est un défi pour les compositeurs. Dans cette oeuvre, le public est l’acteur central : les musiciens sont sur six scènes autour du public. Fermer les yeux et se laisser happer par le son, se rendre compte que c’est finalement le corps tout entier qui devient récepteur sonore, « de la tête au pied ». Tout n’est que sensations, découvertes, suspensions. Un monde sonore inouï et bien plus vaste que ce que nos yeux prétendent voir…
« Xenakis, l’architecte du son, était fermement convaincu que rien ne justifiait que le son vienne d’une seule direction. À ses yeux, le dispositif habituel d’un concert, où la musique vient de devant, n’est qu’une possibilité parmi d’autres. » Guildo Fischer
Persephassa s’est imposée comme un classique définitif du répertoire pour percussions. Elle a été créée en 1969 en Iran par ses dédicataires, les Percussions de Strasbourg.
Le Titre Persephassa fait référence à la déesse Perséphone, ou Kore, personnification des forces telluriques et des transmutations de la vie. Celles-ci sont liées aux cycles cosmiques des espèces vivantes et à l’homme en particulier, la base étant la période, l’itération, essence même de la théorie des nombres et des mathématiques. C’est la raison profonde du rôle de la percussion qui symbolisait également les activités telluriques et célestes.
Au moment de sa création, Xenakis a proposé de nouveaux instruments, les simantras en bois ou de métal, déjà utilisés dans l’Orestie et dont l’idée d’origine se trouve dans les simandres des couvents grecs, «véritables nids d’une rythmique ancestrale non encore détruite par la Radio, la Télévision ou les invasions.»
Les 6 percussionnistes sont placés en anneau autour du public qui est ainsi enserré dans ces courants portés par la musique. Les trajectoires se croisent ou évoluent selon une chorégraphie sonore mise en scène par le compositeur. Avant qu’un jeu de cascades croissantes et décroissantes, de rythmes virevoltant dans l’espace et de nuages sonores chaotiques ne vienne à se déployer, les roulements de timbales du sextuor appellent Persephassa dans une incantation. Par une accélération progressive, la musique va transporter l’auditoire dans un gigantesque tourbillon. Si ce «tourniquet» évoque la danse des derviches tourneurs, Xenakis ne vise pas à la transe : de brusques coupures, brèves mais réparties d’une manière imprévisible, sortent sur la fin l’auditeur de sa torpeur.

Infos

Repertoire

Moderne, XXème

Genre

Instrumental

Nombre d'artiste sur scène

6

Caractéristiques

Mise en espace

Commentaires

Pour Pléiades comme pour Persephassa, la disposition des musicien-ne-s par rapport au public est essentielle : dans Pléiades, les musicien-ne-s sont au centre, entouré-e-s par le public, tandis que pour Persephassa, ce sont les musicien-ne-s qui sont disposé-e-s autour des auditeurs. Pléiades et Persephassa peuvent être présentées ensemble ou séparément. En outre, Les Percussions de Strasbourg ont commandé deux oeuvres à des compositeurs contemporains qui s'inscrivent chacune à sa manière dans le prolongement des deux chefs-d'oeuvre de Xenakis : Whiplash (2017 - 35') de Stéphane Magnin en miroir de Pléiades, et Kore (2019 - 25') de Carmine-Emanuele Cella en regard de Persephassa. Toutes les informations sur le projet (dossier de présentation, photos, fiche technique...) sont disponibles sur notre site internet à cette adresse : https://www.percussionsdestrasbourg.com/spectacle/pleiades-persephassa-iannis-xenakis/

Décors

Non

Dates de concerts

- 25 juillet 2021 : Pléiades et Persephassa, Reggia di Caserta, Naples, Italie - 11 septembre 2021 : Persephassa, Château du Haut-Koenigsbourg, Orschwiller, France - 19 mars 2022 : Pléiades et Persephassa à la Philharmonie de Paris, France - 10 avril 2022 : Pléiades et Persephassa, Megaron, Athènes, Grèce - 12 avril 2022 : Pléiades et Persephassa, Concert Hall, Thessaloniki, Grèce