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Te Deum – Charpentier / Desmarets

Ensemble Les Surprises

Deux Te Deum s’affrontent ! Celui, très célèbre, de Marc-Antoine Charpentier et celui, totalement inédit, d’Henry Desmarets.

Charpentier et Desmarets, de remarquables compositeurs tant dans le domaine de la musique sacrée que dans l’opéra, partagent leur goût de la musique italienne et des voyages, mais partagent également la défaveur d’avoir été quelques temps dans « l’ombre » de Jean-Baptiste Lully !

Henry Desmarets fut formé très jeune à la Chapelle Royale de Versailles par Pierre Robert et Henry Dumont, puis par Jean-Baptiste Lully dont il devient l’un des élèves favoris. Il se fait remarquer très jeune pour ses dons de compositions mais n’eut pas par la suite la reconnaissance qu’il aurait mérité, et vécu une vie un peu chaotique.

En effet, il vécut un premier épisode malheureux lorsque, n’ayant pas réussi le concours de sous-maitre de la Chapelle Royale de Versailles (étant considéré trop jeune), il écrit en cachette des motets pour Goupillet (qui venait justement d’être nommé à la Chapelle, mais était dépassé par cette charge). Celui-ci fait appel à Desmarets comme « nègre de composition », mais oublie régulièrement de le payer pour ce travail. Lorsque le secret fut découvert, Goupillet fut renvoyé et Desmarets ne fut plus dans les bonnes grâces de la Cour.

Le second épisode malheureux voit Henry Desmarets se marier avec Marie-Marguerite de Saint-Gobert dont le père refusait ce mariage. Une action judiciaire est donc entamée contre Desmarets pour séduction et rapt ! Le couple est alors obligé de fuir la France ; Desmarets étant condamné à la pendaison s’il rentre sur le territoire. Il obtient d’abord un poste en Espagne, avant d’être surintendant de la musique à la Cour de Lorraine pour le duc Léopold Ier au château de Lunéville. Il y passe le restant de sa vie, y compose de nombreuses oeuvres et y dirige toutes les festivités musicales.
Le pardon qu’il demanda toute sa vie à Louis XIV n’arriva qu’en 1720 après la mort du roi ; il ne put donc revenir à Paris et se marier officiellement qu’à ce moment, alors qu’il avait déjà 60 ans.

Desmarets a composé deux Te Deum durant sa période lorraine, dont le Te Deum « de Lyon » qui est totalement inédit. Écrit pour la même formation que le célèbre Te Deum de Charpentier, il utilise les trompettes et timbales pour les sections grandiloquentes. Il est un véritable travail d’orfèvre, notamment par l’instrumentation variée, mais aussi par sa grande variété d’effectifs vocaux. Il est possible (d’après Catherine Cessac) que ce Te Deum ait été joué pour le passage par Verdin de Marie Leszczynska (future femme de Louis XV) lorsqu’elle arriva en France pour son mariage.

Le motet Usquequo Domine « de Lyon », lui aussi inédit, reprend la structure d’un motet que Desmarets avait écrit quelques temps auparavant, mais en changeant certains airs ou ensembles vocaux.

Ces deux oeuvres proviennent des partitions conservées à l’Académie du Concert de Lyon, la grande institution musicale lyonnaise au XVIIIe siècle, qui donnait régulièrement des concerts de musique profane et sacrée. C’est un témoin important de la riche vie musicale qui avait lieu en dehors des cercles parisiens et versaillais, avec notamment des oeuvres écrites spécialement pour cet orchestre lyonnais.

Ce programme nous donne l’occasion de célébrer deux immenses compositeurs, et de faire découvrir l’oeuvre magnifique d’Henry Desmarets, aujourd’hui un peu oubliée.

Infos

Repertoire

Baroque

Genre

Vocal et instrumental

Nombre d'artiste sur scène

39

Commentaires

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Décors

Non