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Il Canto Nobile

Concerto Soave

Il Canto Nobile

Dans l’aventure de la « nouvelle musique » monodique des débuts du seicento, deux personnalités se détachent. Par bien des aspects, on peut les rapprocher, et leur musique exprime au plus haut point la noblesse et l’idéal élevé du recitar cantando.
Jacopo Peri (1561-1633) se réclame d’ascendance noble et florentine. Dans la préface de son premier livre de Musiche (1609), Sigismondo d’India (c.1582-1629) se présente lui-même comme « nobile palermitano », noble palermitain.
Lors de toutes ses apparitions, on couvrira Peri, que l’on surnomme affectueusement « il Zazzerino », de toutes les louanges comme chanteur, chanteur qui s’accompagne merveilleusement lui-même : ainsi lorsqu’il chante l’air d’Arion dans les célèbres intermèdes de La Pellegrina, représentés à Florence en 1589 en l’honneur du mariage de Christine de Lorraine avec Ferdinando de Medici. Avant de passer la plus grande partie de sa vie au service de la maison de Savoie, D’India, encore tout jeune, effectue un grand tour d’Italie durant lequel il se produit essentiellement, lui aussi, comme chanteur. Il séjourne certainement à Florence vers 1600. Cette année-là, on représente l’Euridice, premier « opéra » de l’histoire, composé par Peri et Caccini pour le mariage de Marie de Médicis avec Henri IV. Sigismondo croise sans doute la route des intellectuels et musiciens gravitant autour de la Camerata Bardi. C’est probablement à leur contact, ainsi qu’à celui de Monteverdi qu’il rencontre plus tard à Mantoue, qu’il est entrainé dans l’aventure de la monodie. D’India s’était formé à la polyphonie des napolitains, entre autres dans le cercle des compositeurs de la maison Gesualdo. Le plus respecté d’entre eux était Giovanni de Macque, maître du madrigal et de la musique pour clavier. La musique de d’India sera le produit des stravaganze harmoniques napolitaines et de la puissance dramatique et émotionnelle du chant monodique.
Nobles et chanteurs tous deux, Peri et d’India ont laissé la plus merveilleuse musique qui soit, pas encore reconnue à sa juste valeur.
Sans doute est-ce parce qu’il faut des chanteurs ayant une profonde connaissance du style de ce chant raffiné et élégant, qui demande une liberté contrôlée et un grand sens de l’ornementation. Qualités que possède Romain Bockler, dont le travail approfondi sur ce répertoire est unique dans le domaine des voix masculines.
Concerto Soave, après avoir consacré un enregistrement à Sigismondo d’India avec Maria Cristina Kiehr (Harmonia Mundi) il y a plusieurs années, propose donc aujourd’hui cette confrontation passionnante entre deux géants du début du seicento, avec une voix masculine dont le registre était sans doute celui des deux compositeurs. Parallèlement à cette célébration du « Chant Noble », les pièces de Giovanni de Macque qui complètent ce programme évoquent le haut degré de perfection et de liberté que la musique pour clavier avait atteint à la même époque. La plus grande partie des compositions de de Macque qui nous sont parvenues ont d’ailleurs étaient transmises par un autre immense chanteur et compositeur, Luigi Rossi, dans un manuscrit de sa main conservé à la British Library. Aux côtés de ces pièces figure un des grands chefs-d’oeuvre de Peri, « Tu dormi » …

Infos

Repertoire

Baroque

Repertoire secondaire

Baroque

Genre

Vocal et instrumental

Nombre d'artiste sur scène

5

Commentaires

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Décors

Non