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Ex Machina

Orchestre National de Jazz

CREATION FEVRIER 2022

Le processus de création s’articule autour de l’interaction musicale homme-machine, à l’heure où l’intelligence artificielle devient particulièrement inventive, cette aventure artistique de l’ONJ révèle de nouvelles pratiques, de nouveaux usages dans le champ de l’improvisation et de l’écriture pour grand ensemble de jazz, afin d’établir une connexion entre l’humain et la machine, et de l’intégrer comme un instrument qui viendrait augmenter l’orchestre.?
La composition assistée par ordinateur devient un instrument au service de la performance. Avec ce programme, décliné en deux parties, l’une écrite par Steve Lehman, l’autre par Frédéric Maurin, l’ONJ propose aux auditeurs une expérience immersive musicale, sonore et visuelle à nulle autre pareille.

UNE COLLABORATION ARTISTIQUE
S’il est des collaborations artistiques qui font sens, celle initiée par Frédéric Maurin au sein de l’Orchestre National de Jazz à destination de Steve Lehman en fait partie. Ces deux musiciens partagent, en effet, nombre de problématiques esthétiques et d’ambitions qui les ont amenés à emprunter des cheminements comparables, l’un, avec Ping Machine, l’autre, à la tête de son Octet. Tous deux ont proposé des répertoires largement salués pour l’inventivité de leurs formes, la sophistication de leur palette timbrale et l’élaboration de schémas de jeux articulant de manière singulière la part du soliste à la construction des oeuvres.
Leur ambition à dépasser les limites traditionnelles de l’orchestre les a ainsi conduits à développer, notamment, un fort intérêt pour les théories de la musique spectrale — courant incarné en particulier par les compositeurs français Gérard Grisey et Tristan Murail (dont Steve Lehman fut l’étudiant à l’université Columbia à New York). Basé sur la décomposition du son musical, ce mouvement esthétique a permis l’émergence de nouveaux principes compositionnels et de techniques d’orchestration, notamment microtonales, qui favorisent une perception fusionnée des timbres et bouleversent l’impression qui peut se dégager d’une oeuvre orchestrale.
Formé sous la tutelle de Jackie McLean (disciple parmi les plus aventureux de Charlie Parker et grand prophète du blues), Steve Lehman s’ancre, en parallèle, résolument dans le jazz, marqué également par les théories de deux grandes figures singulières de la Great Black Music apparues dans le sillage du free, Anthony Braxton et George Lewis. Aux côtés d’artistes aventureux tels que le pianiste Vijay Iyer et le batteur Tyshawn Sorey, Lehman s’est affirmé, au sein d’une génération, également attirée par l’orbite du M-Base, qui se fait fort de maintenir le jazz comme espace d’expérimentation et d’exigence intellectuelle. En tant que saxophoniste, Lehman s’affirme comme un soliste saisissant, tant par la densité de sa sonorité que le caractère affûté de son phrasé, qui l’inscrivent dans une lignée de pionniers de l’alto, d’Eric Dolphy à Steve Coleman en passant par Julius Hemphill et Greg Osby.
Pour Frédéric Maurin, ce projet est également une opportunité de travailler sur un format d’orchestre augmenté, qui intègre une part de processus génératifs et d’interaction en temps réel grâce aux logiciels mis au point par l’Ircam, coproducteur de cette création. « Plutôt que de chercher à reproduire ce que fait déjà l’humain, je préfère donner à la machine des choses que l’humain ne peut pas faire, comme gérer des spectres harmoniques en interaction avec un soliste », précise Frédéric Maurin. Il voit dans le recours à l’intelligence artificielle appliquée à la musique une opportunité d’enrichir les scénarios d’improvisation, d’élargir la palette des possibles et d’interroger le mystère des sources de l’émotion musicale, en invitant le public à un voyage dans des confins sonores inédits, pensé et développé avec un grand artiste emblématique de ce que le jazz actuel a de plus vif et de plus audacieux à offrir.

UN PARTENARIAT AVEC L’IRCAM
Ayant en commun depuis plusieurs années la nécessité de developper de nouveaux outils numériques qui puissent répondre à leurs besoins artistiques, Frédéric Maurin et Steve Lehman ont souhaité concevoir Ex Machina avec l’Ircam, en particulier avec Gérard Assayag, responsable de l’équipe Représentations musicales qu’il a fondée en 1992 et qui depuis a constamment été déterminante dans la définition des axes de recherche musicale de l’institut, et avec Jérôme Nika, membre de l’équipe, chercheur, concepteur et musicien d’informatique musicale spécialisée dans l’interaction musicale homme-machine.?
Des phases de travail, réunissant les deux compositeurs et les deux chercheurs auront lieu en amont de la création et des répétitions avec l’orchestre pour permettre de travailler sur les différents procédés assistés par ordinateurs, impliqués dans le programme.

Infos

Repertoire

Jazz et Musiques improvisées

Repertoire secondaire

Création contemporaine

Genre

Instrumental

Nombre d'artiste sur scène

17

Commentaires

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Décors

Non

Dates de concerts

Première 11 février 2022 au festival Présences de Radio France