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Des Éclairs

Compagnie Distorsions

Des Éclairs

« Les projets Tesla et Des Éclairs initient un cycle de réflexions et de pièces autour de la question de l’énergie. Dans Des Éclairs, il s’agit d’utiliser en plus du haut-parleur, le pouvoir sonique de l’arc électrique. Charges, décharges, flux, déflagrations, haut-parleurs plasma, bobines Tesla, bobines de Ruhmkorff, sont autant de dispositifs complémentaires pour donner à entendre et à voir la matière électrique à l’oeuvre.
À la manière de certains inventeurs et physiciens de la fin du XIXe siècle qui mettaient en scène l’avancée de leur connaissance lors de conférences scientifiques qui préfigurent l’arrivée de l’électricité dans notre vie quotidienne, je tente de faire spectacle de l’énergie.
Cependant, je n’entre à aucun moment dans des démonstrations d’envergure qui consistent à produire des arcs électriques gigantesques sur scène. Je cherche plutôt à dessiner l’espace à l’aide des matières sonores qu’ils produisent et j’ai imaginé une scénographie qui place la production du sonore au coeur du dispositif. Malgré tout, si la manifestation sonique de l’arc électrique produit une matière brute, le contrôle de celui-ci par l’ordinateur reste très précis.

Pour créer des matières sonores différentes, j’utilise des sources d’arcs différentes. Depuis les matières nasillardes, crépitantes et les déflagrations produites en direct sous les yeux des spectateurs, jusqu’aux vrombissements des moteurs, les fourmillements des appareils d’électrothérapies, les ondulations des courants sinusoïdaux, les claquements de l’électromécanique des relais, des boutons qui sont des matières enregistrées… Voici la palette avec laquelle j’ai composé cette pièce.
Des Éclairs tente une approche “brute” du musical en mettant en abîme l’énergie elle-même. Révéler de manière directe la pulsation, l’onde, le flux d’électrons, la différence de potentiel qui permet de donner naissance au sonore par l’électroacoustique… Comme une sorte de retour à l’origine du son. La déflagration de l’arc électrique que produisent les bobines, les chuintements des haut-parleurs plasma, et la richesse de la synthèse forment le centre des matières sonores qui construisent la pièce.

Organisées, les bobines de Ruhmkorff disposées sur le plateau au sommet de tubes lumineux verticaux, ponctuent l’espace. Elles sont là comme des instruments acoustiques primaires et parfois surprenants voire inquiétants pour le public.
Disposer ces objets de manière à ce qu’ils “piquent l’espace”, c’est une manière de décrire des points, une ligne, un balayage d’arcs électriques.
La production d’arcs éléctriques même minuscules génère également de la lumière. L’opérateur de cette expérience est pour un temps caché du public. Il manipule ces points crépitants, générant ainsi des formes pointillistes et des espaces sonores inouïs. Le set de jeu n’est pas constitué uniquement par des bobines, je m’appuie également sur un set de haut-parleurs classiques ce qui me permet de créer des timbres hybrides et une situation de jeu mixte.
Cette pièce situe au centre de sa production sonore des éléments technologiques qui pour la plupart n’ont pas été conçus pour une utilisation en concert. Les bobines utilisées sont plutôt destinées à l’expérience de laboratoire ou à des applications comme le taser.
Si l’on y regarde de plus près, la matière première de la plupart des expérimentations modernes n’est en vérité qu’une variation de l’utilisation de l’énergie électrique. Depuis la fin du XIXe siècle nous avons considérablement appris à maîtriser l’électricité. Aujourd’hui, les dispositifs d’éclairage, de communication, l’ordinateur, ou le téléphone sont des éléments qui font partie intégrante de notre quotidien. Pourtant, toutes ces choses que nous mettons en action : allumer une lampe, envoyer un mail, prendre une photo, traiter une image ou produire du son, tout cela n’est possible que grâce au raffinement, à la transformation précise de l’énergie électrique.
Cependant, dans ce qui m’intéresse ici, l’idée n’est pas juste de construire un seul objet qui regroupe les formes de production du sonore, je me prends à rêver à des objets mixtes produisant arcs, sons et lumières. »

Hervé Birolini – compositeur

Production : Compagnie Distorsions
Coproduction : CCAM (Vandoeuvre-lès-Nancy)
Soutiens : DRAC Grand Est, Région Grand-Est
Résidences : CCAM
Scénographie et musique : Hervé Birolini
Durée : 40′
Création mondiale : 11 septembre 2020, Festival Musique Action, CCAM
Dates 2020 : 1er novembre 2020, Festival EviMus (Sarrebruck, Allemagne)

Infos

Repertoire

Création contemporaine

Genre

Instrumental

Nombre d'artiste sur scène

1

Caractéristiques

Mise en espace, Spectacle mis en scène

Commentaires

Toutes les informations concernant ce spectacle sont disponibles sur le site du compositeur à cette adresse : http://hervebirolini.com/portfolios-items/des-eclairs/

Décors

Oui

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