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Concerto contre Piano et Orchestre

La Sourde - Eve Risser

Le désir de faire naître cet orchestre vient de la recherche menée à l’origine par la compagnie La Vie Brève « comment regarder la musique » et donc également « comment écouter le théâtre ».

Nous voulons monter un ensemble un peu particulier et qui découle directement de ce travail. L’orchestre sera constitué de musiciens et de musiciennes venant de la musique « classique », de la « musique ancienne » jouant sur instruments d’époque comme le théorbe et la viole de gambe et des « musiques improvisées ».

Tous et toutes travaillent depuis plusieurs années avec La Vie brève, et sont à l’origine de ce chemin exploratoire entre la musique et le théâtre. Ils ont l’habitude de cette recherche qui a pour centre le jeu de l’acteur et celui du musicien. Ce ne sera pas un ensemble de musiciens spécialisés dans un style musical particulier, mais dont la « spécialité » sera de pouvoir traverser différents répertoires et de les faire siens.

Trouver une « troisième musique » qui ne serait pas exactement celle que le compositeur a écrite, ni celle pour laquelle sont formés initialement les musiciens qui la joueront, mais une musique qui naîtrait de la rencontre entre ces deux pôles. Comme si chacun faisait un chemin vers l’autre. C’est à ce point de rencontre que doit se construire le théâtre. Car il s’agit bien d’un orchestre de « plateau ». Un ensemble qui donne à voir la musique. Qui ne donne pas de concert à proprement parler, ni ne fait un spectacle de théâtre de manière classique. C’est l’endroit du seuil entre ces deux arts que nous voulons explorer.
Ce sont des formes plus « performatives » sur lesquelles nous voulons nous pencher.
Un orchestre qui vient jouer une symphonie par exemple devant un public est déjà un spectacle en soi. La ritualisation du concert, par son organisation spatiale, son rapport au chef d’orchestre, sa cérémonie extrêmement codifiée : « la tenue de concert » des musiciens, l’ordre des entrées en scène, l’arrivée du chef d’orchestre, l’accord des instruments, la structure musicale des oeuvres, l’organisation des saluts par pupitre de familles d’instruments, les applaudissements… Tous ces éléments produisent déjà du « théâtre » et un rapport sacré à la musique et son exécution. Au concert on vient écouter de la musique et assister (presque participer) à une cérémonie ritualisée. Cela est une sorte de pièce de théâtre dont on peut changer le « texte » : l’oeuvre jouée mais pas le cadre, la mise en scène.

C’est l’ensemble de ce dispositif passionnant qui sera l’objet de la recherche de notre orchestre. Comment l’accident, le déplacement de la situation initiale vient nous faire voir, entendre, jouer la musique autrement qu’à son habitude.

« Le mot « Concerto » vient-il du latin concertare, qui signifie lutter, ou de conserere, qui veut dire unir ?. » Encyclopédie Universalis

Les compositeurs sont morts, vivent leurs musiques.

Pour sa première création, l’ensemble s’appuie sur une forme musicale célèbre : le concerto, et plus spécifiquement les concertos pour clavier de Carl Philipp Emanuel Bach, fils cadet de Jean-Sébastien et compositeur ayant grandement développé cette forme.
Mais que les choses soient claires, il ne restera peut-être plus rien de l’oeuvre initiale, tant elle aura été réduite, gonflée, multipliée, accélérée, ralentie… « C’est du Bleu de Prusse, ça se décolore » aurait Jean-Sébastien Bach à propos de la musique de son fils. Si cette phrase est mystérieuse et contestable, on lui donnera ici raison à travers nos différentes transformations.
Il ne s’agira donc pas d’un hommage à cet immense compositeur actif à la jonction des périodes dites baroque et classique, mais plutôt d’une exploration de la forme-même du concerto qui, avant d’être la mise en valeur d’une ou d’un soliste virtuose, est l’art du dialogue, de la concertation et de la dispute, ou comment la musique s’écoute et se regarde elle-même.
Comment dialogue un orchestre avec un soliste, un orchestre avec un chef, un orchestre avec un orchestre ? L’objectif est de re-configurer constamment la micro-société qu’est un orchestre : la soliste disparaît et réapparaît sans cesse, l’ensemble se rassemble et s’éclate en petits groupes dispersés, le deuxième violon devient chanteur d’opéra a cappella, l’orchestre devient chef du chef…

L’orchestre au travail

Le travail d’orchestre est très codifié, et ce, souvent, pour de bonnes raisons, mais avec La Sourde nous souhaitons répéter différemment : jouer sans partition de la musique écrite, apprise par coeur ou transmise à l’oral, travailler sans instrument, inclure les déplacements dans le déroulé de la musique, chanter, jouer de plusieurs instruments, ne se poser la question du style que pour élargir le champ sonore…

Cette façon de travailler est possible grâce à l’autonomie de chacun des membres de cet ensemble où l’on trouve des musiciens et des musiciennes issus du classique, des musiques improvisées, du baroque, du jazz… qui ont l’habitude de proposer, composer, inventer, être en scène.

Infos

Repertoire

Création contemporaine

Repertoire secondaire

Baroque, Classique, romantique, Jazz et Musiques improvisées

Genre

Instrumental

Nombre d'artiste sur scène

18

Caractéristiques

Spectacle mis en scène

Commentaires

/

Décors

Oui

Dates de concerts

21 au 25 septembre 2021 - Théatre de l'Athénée Louis Jouvet à Paris 12 octobre 2021 - Théâtre de la Renaissance à Oullins