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Carmina burana

Ensemble Beatus

Carmina burana

Rendu célèbre par l’oeuvre magistrale du compositeur Carl Orff, le codex Buranus qui se trouve en Bavière, sous l’attribution de Codex Latinus Manacencis (Clm 4640), est un reflet quasi exhaustif de la pensée médiévale du XIIIe siècle.
Son élaboration se situe entre 1230 et 1250. Très loin de la fausse image d’épinal développée par le post- romantisme d’un recueil de chants profanes, un peu obscènes, entonnés dans les tavernes par des clercs en rupture de banc, le codex Buranus témoigne des peurs, des croyances, des aspirations, en bref de la condition existentielle du clerc. Le clerc de ce recueil est à cette époque l’intellectuel, le poète et le philosophe.
C’est à partir de ce codex que furent publiés pour la première fois en 1847 les poèmes que l’éditeur J.A. Schmeller intitula Carmina Burana.
Ce manuscrit, très largement étudié, se présente comme une compilation, remaniée, re-stylisée, dans l’esprit du trope médiéval (tout change se transforme et pourtant reste semblable), du répertoire des chants sacrés et profanes (la distinction n’est pas si tangible à l’époque), qui se pratiquent dans toute l’Europe des XIIe et XIIIe siècles.
Le plurilinguisme est une spécificité du manuscrit où, dans un même poème, parfois en alternance, se côtoient latin, ancien français, italien, provençal ou germanique et un peu de grec.
Les chants sont regroupés par arguments et même par titre : tout d’abord les thèmes moralisateurs et religieux, puis viennent les poèmes d’amour (chant de joie), les chants philosophiques, satiriques, les parodies liturgiques, des fragments d’Ovide, quelques jeux-parti profanes et deux Drames liturgiques conséquents. On y trouve des insertions d’oeuvres de compositeurs connus tels que Philippe le Chancelier, Gauthier de Chatillon ou encore de minnesängers fameux tels que Reinmar de Hagenau.

C@rmin@ Bur@n@
Daniel Arasse dans son ouvrage « Histoires de peintures » définit l’artiste comme étant celui qui mélange les temporalités. Pour l’artiste comme pour le spectateur, le regard que nous posons sur une oeuvre est la résultante des couches accumulées par ce que nous en savons. Ceci est vrai particulièrement pour les arts de la scène, art de la mémoire vive par excellence, dont les interprétations successives d’une oeuvre en transforment inévitablement notre perception.
La création et l’interprétation musicale sont nécessairement l’expression d’une histoire passée, présente et d’une vision future.
Ainsi plutôt que de rechercher une interprétation « authentique » des Carmina Burana, le choix de notre travail de restitution repose sur une prise en compte des différentes formes d’expression musicale qu’a suscité cette oeuvre monumentale.
C@rmin@ Bur@n@ sera le résultat de différentes approches :
– L’étude du codex Buranus et des concordances musicales avec les manuscrits musicaux des XIIe et XIIIe siècles, en particulier les manuscrits de l’Ecole Notre Dame et des minnesângers.
– L’écoute des différentes sources discographiques que nous possédons.
– Une interprétation originale de certains extraits de l’oeuvre de Carl Orff
– L’écriture de musiques, reconstruction ou composition, sur un choix de textes du Codex Buranus.

Infos

Repertoire

Médiéval, Renaissance ou plus ancien

Repertoire secondaire

Création contemporaine

Genre

Vocal et instrumental

Nombre d'artiste sur scène

3

Commentaires

Le projet de Carmina burana est en préfiguration 2021 et est amené à aboutir en création 2022-23.

Décors

Non

Dates de concerts

Vendredi 17 sept. 21, Limoges